Salut tout le monde !
Nous voilà donc partis pour traverser le Kazakhstan !
Et s'il fallait résumer les premiers kilomètres en quelques mots, ce serait probablement : c'est plat.
Très plat. Et très, très long.
Après toutes les montagnes traversées ces dernières semaines, le changement est assez radical. Devant nous, la route file tout droit à travers des étendues désertiques qui semblent ne jamais vouloir s'arrêter. Alors on roule. Et on roule. Et on roule encore.
Et puis il s'est mis à pleuvoir. Et vous savez quoi ? C'était TROP BIEN.
Après avoir passé des jours à cuire sous un soleil de plomb, j'étais presque heureuse de voir tomber de l'eau du ciel. Comme quoi, tout arrive.
Quelque part au milieu de cette immensité, nous avons également réussi un petit exploit : perdre Tchumi.
Bon.
Il connaît la route, on connaît la route, tout le monde va dans la même direction. On finira bien par se retrouver.
Nous, on continue donc jusqu'à notre étape du soir et on s'installe dans un hôtel que Lionel et Cédric connaissent déjà puisqu'ils y étaient venus... il y a onze ans !
Et non seulement l'hôtel est toujours là, mais on se retrouve dans la même chambre... Onze ans plus tard.
Je crois qu'on peut parler de fidélité à ce niveau-là.
Pour le repas du soir, on s'est bricolé un repas de fortune, installés un peu n'importe comment avec notre nourriture improvisée. Pas franchement le dîner le plus prestigieux du voyage, mais c'est très sympa et convivial.
Le lendemain, départ de bonne heure pour tenter d'éviter les grosses chaleurs.
Et surprise : il fait froid !
Enfin, tout est relatif, mais après les températures qu'on s'est tapées jusque-là, partir avec 15 °C, ça réveille. Même à notre pause vers 9 h, le thermomètre n'affiche encore que 18 °C.
Sur la route, le désert continue de s'étaler devant nous, toujours aussi désespérément plat. Heureusement, on commence à croiser plein de chameaux au bord de la route.
Ça fait plaisir de voir quelques bosses dans tout ce plat :).
Et encore mieux : à une station-service, je recroise un petit chien que j'avais déjà rencontré auparavant.
Évidemment, séance papouilles. Il y a des priorités dans la vie.
Lionel nous fait également remarquer un petit détail assez amusant : nous sommes à environ 50 mètres d'altitude.
50.
Il n'y a pas si longtemps, on se baladait avec nos motos à plus de 4'600 mètres.
Le changement est conséquent.
Et le paysage continue, monotone au possible. Alors on finit par remarquer les quelques éléments qui viennent rompre cette grande étendue de vide.
Une carcasse de cheval.
Une carcasse de vache.
Une carcasse de chien.
Une carcasse de camion brûlée.
Charmant.
Mais surtout...
On retrouve Tchumi.
Les quatre motards de l'apocalypse sont de nouveau au complet et peuvent donc continuer leur périple jusqu'à l'hébergement du soir.
Et quel hébergement.
Un motel de routiers qui semble tout droit sorti d'un film de Tarantino ou d'un scénario dans lequel quelqu'un va inévitablement se faire buter de manière aussi mystérieuse que violente.
J'ADORE.
On dort donc au motel Tarantino et, contre toute attente, tout le monde est encore vivant au réveil.
Plutôt bon bilan.
Le lendemain, il fait vilainement frette (comme disent les Québécois).
16 °C en pleine journée.
Alors oui, je sais, certains d'entre vous vont probablement se moquer. Mais quand ton corps s'est habitué à fonctionner en mode poulet rôti pendant plusieurs semaines, je peux vous assurer que ça pique.
La journée nous réserve aussi une belle frayeur lorsque Cédric fait un vol plané avec sa moto.
Et là, j'ai eu peur. Mais Cédric s'en sort avec quelques bobos et garde le sourire. Et on sortira sa moto du bas-côté grâce à l'aide d'un routier qui n'a pas hésité à s'arrêter au milieu de la route pour mettre la main à la pâte.
Heureusement, on finit par repartir et notre prochaine grande mission nous attend à Aktobe : trouver des roubles avant de passer en Russie.
Ça semble simple dit comme ça.
Ça ne l'est évidemment pas.
On trouve d'abord un endroit où faire du change, mais ils n'ont pas suffisamment de roubles pour tout le monde. Seul Tchumi peut donc changer son argent.
Et c'est long.
Et fastidieux.
Très fastidieux.
Mais après tout un processus, il finit par obtenir ses roubles. La dame derrière le guichet lève alors les yeux, nous voit, nous trois qui attendons encore notre tour, et affiche soudain un air de désespoir absolu.
J'éclate de rire.
Elle éclate de rire.
Et je ressors avec le sourire. Bon, sans roubles. Mais avec le sourire :).
On finit par trouver un autre endroit où changer notre argent. Il faut reprendre les motos et traverser les embouteillages pour y arriver, mais heureusement, j'ai de quoi m'occuper.
Dans la voiture juste devant moi se trouvent deux enfants adorables.
Alors on commence à se faire des grimaces.
Bref, pendant que les adultes s'énervent probablement dans les bouchons, nous, on est très occupés.
Et cette fois, mission accomplie : tout le monde a ses roubles.
Nous sommes prêts pour la Russie !
Enfin... presque.
Il nous reste encore une bonne journée de route à travers le Kazakhstan.
Et celle-là, je dois avouer qu'elle ne restera pas dans les annales.
J'ai l'impression de tout faire de travers, on avale une chiée de kilomètres et le paysage reste...
Plat.
Plat.
PLAT.
Nous finissons par rejoindre Oural, où nous passerons notre dernière nuit au Kazakhstan.
Nous avons décidé de modifier légèrement notre itinéraire et de ne finalement pas passer la frontière vers Orenbourg. Nous espérons trouver un passage un peu moins fréquenté ailleurs et éviter les éventuelles complications dans la région après l'attaque de drones sur une raffinerie vers Orenbourg.
Et demain, c'est le grand saut.
La Russie.
On prévoit de partir vers 5 h du matin pour essayer d'éviter le monde à la frontière, mais pour le reste... C'est un peu l'inconnu.
On ne sait pas vraiment combien de temps prendra le passage ni même si nous aurons correctement du réseau une fois en Russie.
Alors petite parenthèse importante pour ceux qui nous suivent : si vous n'avez plus de nouvelles pendant les deux prochaines semaines, PAS D'INQUIÉTUDE.
C'est probablement juste que nos téléphones auront décidé de retourner vivre en 1997.
Et si c'est le cas, promis, on vous racontera tout dès notre arrivée en Biélorussie ou en Europe :).
Pour l'instant, après des milliers de kilomètres, des montagnes à plus de 4'000 mètres d'altitude, des déserts, des pistes, des frontières, beaucoup trop de poussière et quelques motos qui ont parfois décidé de vivre leur propre aventure...
Demain matin, direction la Russie !
Allez, c'est tout pour cette fois !
Becs à la famille, aux amis, aux collègues... et à tout vite ! :)
Sybile
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