Récit du voyage autrement - n°1

Salut tout le monde !

Et non, ce n'est pas votre habituel conteur de voyage cette fois :). Un petit changement de point de vue pour votre plus grand divertissement.

J'avais promis à certains d'écrire un peu sur ce blog, mais le début de cette aventure et tous les déboires en découlant ont filé à une vitesse folle. Alors il est temps de rattraper un peu ce retard !

Cette grande aventure que nous vivons en ce moment m'aura été exigeante du début de l'organisation jusqu'au dernier kilomètre. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis la bleusaille de l'équipe : la plus jeune, la moins expérimentée en moto et en off-road. Lorsque je me suis lancée dans le projet, je n'avais aucune expérience en tout-terrain, une petite moto de route tout à fait incompatible avec ce que nous faisons en ce moment et mes capacités organisationnelles ne dépassaient pas la semaine de vacances en Europe.

Je vous laisse imaginer que c'était un sacré saut dans le vide ! Néanmoins, après 2 ans passés en un éclair, entre embûches et gros coups de stress, c'est les fesses vissées dans l'avion que nous nous envolions pour notre voyage.

Je peux vous assurer aujourd'hui que je ne réalisais ABSOLUMENT pas dans quoi je me lançais exactement à ce moment-là. Mais je n'ai pas tardé à le découvrir, comme vous avez pu le comprendre si vous suivez les posts de Lionel ;).

Ce n'est qu'après être arrivée à Bichkek que la réalisation m'a percutée. J'étais à des milliers de kilomètres de chez moi, dans un pays où j'avais des difficultés monumentales à communiquer. J'ai eu le temps de cogiter pendant un trajet en taxi mouvementé qui nous a fait découvrir les routes kirghizes. Mais très vite, il a fallu courir prendre possession de nos chambres à l'hôtel, récupérer les motos, faire les papiers, tout contrôler, réorganiser les bagages, acheter les dernières petites choses qui nous manquaient, peaufiner les préparatifs, etc. Mes trois compagnons de route s'affairaient de bon train en déblatérant des termes techniques qui me dépassaient de très loin et moi... bah moi, j'étais terrifiée. Et je peux vous assurer que tenter d'être productive en crevant de trouille, c'est pas une mince affaire.


Au-delà des préparatifs, nous avons quand même profité de l'occasion pour flâner dans Bichkek et commencer à découvrir le Kirghizistan par sa capitale. Entre ses monuments impressionnants, sa gastronomie et son bazar, la ville nous a fait un accueil chaleureux. TRÈS chaleureux. (Il faisait beaucoup trop chaud.)


Puis, après quelques jours, le départ. En selle tout le monde, et l'horizon nous appelle ! À la seconde où j'ai démarré ma brêle, mon stress s'est doucement évanoui. Rien n'était parfait, je manquais cruellement d'expérience et de confiance en moi, mais j'étais bien entourée, la route était à nous et je kiffais le moment présent.

Et il n'a pas fallu longtemps pour que la magie opère. Dès la sortie de la ville, nous avons été avalés par les magnifiques paysages kirghizes. J'ai compris que je n'aurais pas les yeux assez grands pour apprécier ces étendues immenses, sauvages, dépaysantes... Et quant aux habitants, je dois dire que j'ai adoré les Kirghizes. Ils ont le cœur aussi grand que leurs paysages sont beaux. Adultes comme enfants nous saluent avec enthousiasme au bord des routes, quitte à débouler en nous entendant arriver au loin. La langue est certes une barrière, mais entre les gestes, quelques mots communs et un peu de bonne volonté, on finit par se comprendre. Et les malentendus nous font rire ensemble le cas échéant.


Après une première journée de roulage parfois sous près de 40 °C (pour mon plus grand plaisir), une pause pastèque est arrivée exactement au bon moment dans un cadre bucolique. Simple, efficace, parfait. Certains en ont même profité pour faire un petit somme ;).

Le lendemain, c'était un trajet de piste qui nous attendait. Le premier d'une longue série. Grandiose. Le plaisir de reprendre confiance sur des chemins nouveaux et au milieu de décors presque complètement isolés : c'était grisant. Une vraie impression d'être seuls au monde. Ou presque... Parce qu'au Kirghizistan, il y a toujours quelqu'un pour vous rappeler que vous êtes loin d'être le roi de la piste. Rien ne vous prépare vraiment au moment où une vieille Volvo chargée de huit personnes vous dépasse tranquillement sur une piste de montagne, à une vitesse qui défie toute logique, pendant que le conducteur vous adresse un petit signe blasé de la main. Plus d'une fois, j'ai dû ramasser ma mâchoire en rigolant.


Et alors que nous pensions nous arrêter pour profiter d'une pause miam-miam bien méritée, nous avons été détournés par un jeune homme qui nous a proposé de venir manger dans le camp de yourtes de sa famille. Agneau, patates, légumes, pain, miel... presque tout provenait directement de leur terrain. Finalement, devant leur convivialité et le cadre d'exception, nous avons décidé d'y rester tout l'après-midi et même d'y passer la nuit. Les deux jeunes de la famille nous ont même emmenés découvrir leur coin préféré pour se baigner dans la rivière. Un après-midi en toute simplicité dont nous avons pleinement profité.


L'aventure commençait bien, mais c'était sans compter sur la météo... Je vous en parlerai bientôt !

Becs à la famille, aux amis, aux collègues... et à tout vite ! :)

Sybile

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