J'ai réfléchi dans la nuit, dormir dans une yourte à Song-nul ça me saoul. Si les conditions sont bonnes, on va arriver à midi, on va glander dans un village de yourte pour touristes toute l'après-midi au lieu de rouler.
Au déjeuner je dit : "Aujourd'hui si vous voulez dormir dans les yourtes là haut, faites, moi je poursuit à Naryn comme ça après demain je vais à Tash-Rabat (le caravanserail) et on se retrouve à Kazarman dans 2 jours."
J'ai pas trop bien écouté au cours de communication je crois, parce-que ça a serré vilain. J'ai du récupéré le truc assez vite en impro. Mais l'ancrage mental à bien fonctionner. L'appréhension consécutive à la journée interminable d'avant hier est passée au second plan, maintenant ce programme est acceptable.
Nous partons à 09h15 de Kochkor à 1800m , il fait 15C°. Pour rejoindre le lac de Song-kul nous avons un col à 3030 m à passer, puis dans la descente nous bifurquons sur une piste qui nous mènera au col des Perroquet à 3300m avant de re-descendre sur le plateau du lac à 3016m.
Plus nous montons, plus la température baisse. la route est belle et bien entretenue, les paysages sont incroyables. à 2800m il fait 11C°. Cédric est content d'avoir mis un pull. Nous passons le col et redescendons. au fur et à mesure que les heures passent, indépendamment de l'altitude, la température augmente.
Après quelques dizaines de kilomètres de piste, nous arrivons au pied du col du Perroquet. Une route en épingles nous mènera à 3300m, Tchumi est inquiet, il regarde le tracé sur son téléphone.
L'ordre de montée est simple, on reste pas trop loin les uns des autres, Cédric au milieu du groupe, et moi en moto balais.
La montée est raide et la piste parfois compliquée. Les voitures des tours opérateurs descendant les touristes revenant de leur expérience de vie chez les "nomades" des bords du lac. Faut te pousser au bord du ravin pour les laisser passer.
Le haut plateau est magnifique, les paysages à couper le souffle. Le Soleil joue avec les nuages, les montagnes, et le lac, on se croirait dans un film. La piste est "bien" entretenue j'arrive sur quelques kilomètres à passer la 6ème, à 60-70 Km/h c'est hyper grisant, tu survole la piste. C'est le moment oû amorti le prix de suspensions,... des fois ça tape quand même vilain dans les nids de poules.
Nous descendons sur Jangy-Talap par un col à 3200m qui est extraordinaire. Mais là non plus,... là faut pas te foutre dans l'talus...
Dans la descente raide et parfois accidentée, je suis Sybile. Je regarde comment elle roule depuis 3 jours maintenant. Elle descend un peu plus lentement que moi, je dois freiner de temps à autre, mais les trajectoires sont bonnes et elle avance bien. Avant hier dans la gadoue elle m'avait déjà impressionné à plusieurs reprise en passant avec aisance des portions rendues techniquement difficiles par la pluie. Plus bas la piste devient mois raide, elle est faite de cailloux, de tôle ondulée et parfois de portions de sable. Nous roulons ensemble pour rattraper Cédric et Tchumi. Sybile garde des trajectoire sûres, roule à 50-60km/h, franchement elle assure.
Arrivé à Jangy-Talap nous retrouvons le goudrons et faisons une halte. ces 120 km de pistes étaient exceptionnels. Nous avons plusieurs possibilité, mais resterons sur le plan de hier soir, direction Naryn à 90 km de là. Tchumi me dit " C'est quand même compliqué ce gravier, tu n'a pas droit à l'erreur. faut être concentré en permanence.". Ben il a pas fini.
La route principale est à 5 km de là. Elle est constellée de nids de poules, de travaux,... Et cerise sur le gâteau un barrage est en construction, l'ancienne route est remplacés par un nouvelle. le tout-venant est compacté par le passage des véhicules et arrosé par un camion pour éviter la poussière,... mais le goudrons se fait attendre. Passé le chantier on est reparti pour 20 km sur les fondations de la route poussiéreux à souhait.
Arrivés à Naryn, nous faisons le plein à l'entrée de la ville et cherchons un hôtel. Tchumi regarde la météo... Les prévisions ont changé, samedi et dimanche il fait beau,... vendredi soir un peu de pluie, mais c'est même pas sûr. Cédric relève la tête: " Ben c'est simple, demain on fait Tossor. et Dimanche Tash-Rabat, le col de Mels et on retourne à Kazarman pour la nuit!
Demain ça va être long.
Au plaisir
Lionel
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