Récit du voyage autrement- n°3

Salut tout le monde !

Après les aventures du col de Tossor, on avait bien mérité une journée un peu plus tranquille. Et cette fois, « tranquille » voulait réellement dire tranquille : de la route, un bon nettoyage des motos (c'était plus que nécessaire), les pleins et quelques kilomètres sans avoir à sortir une moto d'une rivière ou à récupérer une valise en pleine pente.

Ça fait du bien aussi.

Sur la route, nous avons croisé toutes sortes de statues plus ou moins improbables avant de rejoindre Naryn pour la nuit. (Tellement improbables que le site refuse d'ajouter la photo au blog! Tant pis vous devrez attendre que je rentre pour la voir :p )

Le lendemain, retour aux choses sérieuses avec le col de Mels. Et petite minute culture offerte par Tchumi : j'ai appris au passage que « Mels » était en réalité un acronyme pour Marx, Engels, Lénine et Staline. Voilà voilà. Difficile de faire beaucoup plus soviétique comme nom de col.

Avant d'y arriver, nous avons aperçu au loin des sommets culminant à plus de 7'000 mètres d'altitude. J'ai toujours eu une fascination particulière pour la splendeur des montagnes, mais il faut bien avouer qu'on n'en a pas des aussi hautes à la maison :). C'est assez difficile de décrire l'impression que ça fait de les voir se dresser au loin. C'était particulier. Et surtout grandiose.
Nous n'étions alors « pas très loin » de la frontière chinoise, ce qui se ressentait notamment au nombre absolument ahurissant de camions qui roulaient dans sa direction.


Nous avons ensuite fait un détour par le caravansérail de Tach-Rabat, avec en prime une route beaucoup trop chouette pour y arriver. 


Puis direction le col de Mels.



La montée était déjà absolument magnifique. Mais c'est dans la descente que je suis tombée des nues. Le paysage était phénoménal. J'avais littéralement l'impression de surplomber le monde. Un de ces moments où tu ne sais plus vraiment où regarder tellement tout autour de toi est exceptionnel.


Le soir, notre recherche d'un gîte nous a amenés chez une dame et sa famille qui nous ont accueillis... au sens très littéral du terme, puisqu'ils nous ont fait dormir dans leurs propres lits. On pourra dire qu'on aura vécu comme les locaux le temps d'une soirée !

Mais mon moment préféré restera probablement la préparation du repas.

Notre hôte a commencé par brûler ses déchets dans l'arrière-cour. Jusque-là, rien à voir avec notre dîner. Enfin, c'est ce que je pensais. Une fois les déchets partis en fumée, le même emplacement s'est transformé en cuisine et elle s'est mise à préparer un pilaf. Et pour terminer la cuisson à l'étouffée ? Quelques sachets plastiques par-dessus et le tour était joué.

On a même été mis à contribution !


Je ne suis pas certaine que la méthode soit enseignée dans toutes les écoles de cuisine, mais on a bien rigolé et, surtout, on a très bien mangé :).

Le lendemain matin, on dit au revoir à notre petite dame et direction Kazarman par la piste.


Les paysages sont beaux, la route est belle, que demander de plus ?

Eh bien, un passager apparemment.

À quelques kilomètres de Kazarman, un jeune homme me fait signe de m'arrêter. Après quelques gestes, je comprends qu'il aimerait profiter d'une petite place sur ma bécane pour rejoindre la ville. Faut croire que marcher des kilomètres en savates, c'est pas le plus fun.

Ni une ni deux, je l'embarque.

Une dizaine de minutes plus tard, je le dépose vers ses potes à l'entrée de Kazarman. Il me remercie chaleureusement et moi, je repars hilare de cette nouvelle aventure. Voilà. Je fais désormais aussi taxi.

Pour la deuxième partie du trajet, le groupe s'est séparé. Cédric et Tchumi ont préféré prendre la route jusqu'à Jalal-Abad, tandis que Lionel et moi avons choisi l'ancienne route : un chemin bien cabossé qui passe par-dessus la montagne.


Personnellement, j'ai trouvé le parcours plutôt technique et escarpé, autant à la montée qu'à la descente. Mais je l'ai passé avec brio et j'étais très fière de moi :).


Bon, après, on a bouffé de la poussière derrière des camions jusqu'en ville. C'était tout de suite moins majestueux.

Mais j'en étais pas moins fière !

Les deux jours suivants ont été consacrés à rejoindre Osh et surtout à profiter d'une grande ville pour régler quelques problèmes en suspens.

Première mission : envoyer nos top-cases, à Cédric et moi, à la maison.


Simple ?

Ho que non.

C'était sans compter sur l'administration kirghize.

Première étape : réussir à se comprendre. Deuxième étape : emballer les top-cases dans du carton. Jusque-là, admettons. Mais finalement, le carton ne suffit pas. Il faut également les emballer entièrement dans du papier blanc.

Carton et papier blanc que, bien entendu, on ne trouve pas à la poste.

Une fois notre chasse au matériel terminée et les colis enfin emballés selon les règles de l'art, il ne restait « plus qu'à » les envoyer. La dame du guichet devait encore calculer le prix, ce qui a pris une tournure assez prometteuse lorsqu'elle a appelé une collègue en FaceTime pour lui demander comment faire.

On paye.

On remplit un document.

Ha non, en fait deux.

Et ensuite... C'EST TERMINÉ !

Un après-midi plus tard, c'est terminé.

Le lendemain, nouvelle mission : réparer mon casque. J'avais perdu une pièce en cours de route et nous espérions trouver quelqu'un au bazar capable de nous en fabriquer une nouvelle.

Avec Lionel, on a donc parcouru le bazar en long, en large et probablement aussi en travers. Sans succès.

Jusqu'à ce qu'un monsieur nous explique qu'il existait un bazar automobile ailleurs dans la ville. Et non seulement il nous l'a expliqué, mais il a carrément proposé de nous y emmener dans sa voiture. Une petite chose absolument minuscule, mais surtout MONSTRE tunée :).


Et ce gars-là, ça a été notre sauveur.

Il aurait très bien pu nous déposer et continuer sa journée. Mais non. Il est resté avec nous et nous a aidés à trouver quelqu'un capable de refaire la pièce. Et je peux vous assurer qu'on en a passé, des heures, à être baladés à travers cet immense bazar automobile.


Quand le réparateur nous a finalement demandé de revenir à 16 h, notre sauveur est même revenu lui aussi pour être certain de pouvoir nous aider si les choses ne se passaient pas comme prévu.

Vraiment un type incroyable.

Et finalement, après une journée entière d'expédition : casque réparé !

Le lendemain, il était temps de quitter Osh et de rejoindre notre dernière étape avant de dire au revoir au Kirghizistan : Sary-Tach.

La route était tranquille. Et par « tranquille », j'entends goudronnée. Parce que pour ce qui est du reste, les trous étaient toujours bien présents et mieux valait rester concentré sous peine de se faire secouer dans tous les sens.


Nous avons tout de même profité d'un petit déjeuner avec vue au sommet d'un petit col avant de continuer notre chemin.

Et puis nous sommes arrivés à Sary-Tach.

Magique.

On sort d'un col et, soudain, le village apparaît devant nous. Et juste derrière, une monumentale chaîne de montagnes occupe tout l'horizon.

C'était à couper le souffle.


Quelque part au milieu de ces montagnes se trouvait la frontière que nous allions franchir le lendemain. Une plutôt belle façon de passer notre dernière soirée au Kirghizistan.

Et pour finir ce chapitre, une dernière rencontre : Nath, vétéran du Tennessee, qui sillonnait le monde à moto depuis onze ans. Un sacré personnage qui boitait sévèrement après plusieurs chutes au Tadjikistan. Il apprendra d'ailleurs plus tard qu'il avait tout simplement continué à voyager avec un os de la jambe cassé.

Ce fou.

Après toutes ces pistes, ces montagnes, ces rencontres, ces galères et ces gens incroyablement accueillants, notre aventure kirghize touchait donc à sa fin.

Le lendemain, une nouvelle frontière nous attendait... et un nouveau pays avec elle !


Allez, c'est tout pour cette fois !

Becs à la famille, aux amis, aux collègues... et à tout vite ! :)

Sybile

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