Nous devions finir la traversée du Kazakhstan aujourd'hui, mais après réflexion et selon les informations de l'agence, nous avons pensé continuer jusqu'à Ouralsk pour remonter sur Samara plutôt que Orenburg à cause des problèmes d'approvisionnement en essence.
Donc aujourd'hui on remonte sur Aktioube et on avisera au dernier moment sur la suite à tenir, mais notre idée fait on chemin.
La route est bonne, deux trois zones de travaux sont quand même là pour nous rappeler que nous sommes au Kazakhstan.
Ils ont entrepris un immense chantier qd'une 2x 2 voies en parallèle de la route actuelle. Cette fois rien n'est réellement interrompu, on roule bien. Il faut dire qu'ils ne sont pas gênés par le manque de place.
Sur certains tronçons, le passage des camions couplé à la chaleur a fair ressuer le bitume et creusé de profondes ornières dans la chaussée. Certaines doivent bien avoir 15 ou 20 cm de profondeur. On voit bien les passages des roues jumelées. Il faut se gaffer lorsque l'on déboite pour doubles les longues files de camions.
Il faut anticiper le trafic en sens inverse et trouver une disponibilité pour pouvoir déboiter. Faire attention car avec les dos d'ânes, on voit le camions mais les voitures apparaissent parfois au dernier moment. Compter qu'un téméraire ne double pas en sens inverse et qu'au cas où on aille les deux le temps de se rabattre. Il faut faire attention aux nids de poules sur ta voie qui apparaissent à l'arrière du camion après son passage et pas te prendre les roues dedans, anticiper les nids de poules sur ta voie que la camion va éviter en passant sur la voie d'en face alors que tu es en train de dépasser. Parfois on joue sur la ligne blances de l'accottement et ... ben là aussi, t'est dans les nids de poule. Il faut faire attention à ces ornières creusées dans le bitume par les camions afin de viser une crête pas trop haute... Et puis tout le reste, les voitures qui doublent dans ta direction en arrivant à boulet dans ton dos, la voiture ou le camion qui déboite pour doubler le camion de devant.
Bref c'est du sport, c'est de l'attention, c'est de la fatigue et des risques cumulés qui rendent cette traversée du désert Kazakh pas facile.
Du coup ça n'a pas manqué, Cédric se rabat après avoir doublé un camion, la roue avant passe la crête de l'ornière,... mais la roue arrière butte avec le flanc mais ne passe pas. La moto louvoie, ça guidonne fort et Cédric est projeté au sol. Tchumi qui suivait freine pour ne pas lui rouler dessus, mais le camion qu'ils ont dépassé est juste derrière, à l'agonie sur les freins,... mais ça ne suffi pas. Heureusement Cédric à été projeté en diagonale en direction du bas côté... la moto fini en bas d'un talus. Le camion passe à côté, Cédric rouvre les yeux, il est couché sur le dos dans les graviers de l'accotement.
Les chauffeurs plantent leurs camions au milieu de la route bloquant la circulation et viennent sortir la moto du talus. La moto remontée en 3 minutes sur la route, Cédric est encore tout secoué. Les chauffeurs sautent dans leur camion et repartent.
Ayant pris de l'avance et ne voyant personne arrivé je fais demi-tour et arrive à la fin de l'action. Cédric repart avec une moto qui fume bleu fluo, Tchumi me fait signe en secouant la main que c'était chaud et Sybile remontant sur sa moto m'explique rapidement le topo en me disant « On a frôlé la catastrophe. On continue en roulant tranquille ! ». Le temps de régler 2 trucs sur place, je remonte sur ma moto,... « On continue tranquille, on roule tranquille»,... Ben j'ai rattrapé personne sur les 100 derniers kilomètres de la journée.
A plaisir
Lionel
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