Récit du voyage autrement - n°5

Salut tout le monde !

Nous poursuibons nos aventures en quittant Bibi Fatima de bon matin et en continuant notre descente aux côtés de la Panj.

Et franchement, cette rivière est divine.

Tantôt vaste, paisible et tranquille, tantôt indisciplinée, sauvage et tumultueuse. Elle change sans arrêt et c'est fascinant à regarder.

Et de l'autre côté, toujours l'Afghanistan. Avec parfois quelques habitants que nous apercevons à moto, à pied ou en voiture sur les sentiers escarpés qui longent la rivière.


Les paysages défilent, mais pour ce qui est de la route traversant les petits villages frontaliers... disons que « route » est parfois un bien grand mot. Ça secoue, ça tape et surtout, il fait chaud.

Mais alors vraiment, VRAIMENT chaud.

C'est donc plus qu'heureux que nous arrivons finalement à Khorog. Et après cette journée à cuire tranquillement dans nos équipements moto, on s'offre même un petit plaisir bien mérité :

Un burger de yack !

Excellent :).

Le lendemain, on continue encore notre descente le long de la rivière.

Mais aujourd'hui sera placé sous le signe de...

LA POUSSIÈRE.

Oui, je sais. De la poussière, on en mange depuis le début du voyage. Mais là, on s'en est pris une sacrée cargaison.

La « route » est pas mal empruntée par des camions et nous passons une bonne partie du trajet à nous battre pour réussir à les dépasser et respirer autre chose qu'un délicieux mélange de sable et de gaz d'échappement.

Et évidemment, ce n'est pas aussi simple que de tourner la poignée et passer devant.

Les camions soulèvent tellement de poussière qu'ils cachent régulièrement tout ce qui arrive en face. Il faut donc rester particulièrement prudents et concentrés au moment de dépasser.


Pendant que nous galérons dans notre nuage de sable ambulant, la Panj, elle, continue tranquillement son chemin à côté de nous.

Insolente.


Le lendemain matin, changement de programme !

Encore :)

Nous avions prévu de nous séparer une nouvelle fois. Cédric et Tchumi devaient rejoindre Kulob par la route tandis que Lionel et moi avions prévu de passer par la montagne.

Mais voilà. Une discussion plus tard, la raison l'emporte une nouvelle fois et nous décidons finalement de tous rejoindre Kulob par la route.

Et comme rien n'arrive par hasard, ce matin-là, Cédric n'est pas au meilleur de sa forme. Sa moto non plus d'ailleurs...

Elle a du mal à se réveiller.

Elle crachote.

Elle toussote.

Elle nous inquiète pendant un bon moment...

Puis elle se remet soudainement à tourner comme une horloge, comme si de rien n'était. Farceuse va.

La première partie du trajet ressemble beaucoup aux deux jours précédents. On continue de suivre la Panj et donc la frontière afghane, avec des paysages magnifiques, de la poussière et toujours cette chaleur qui semble bien décidée à nous accompagner.


Puis, en nous rapprochant de Kulob, le décor change peu à peu. Nous traversons un paysage vallonné baignant dans une sorte de brume constante qui lui donne une atmosphère presque désertique.


Kulob, par contre, ne restera pas parmi mes meilleurs souvenirs.

Je n'avais jusque-là pas vraiment rencontré de problème particulier, mais ici, on me dévisage comme si des cornes venaient de me pousser sur la tête.

Et je suis TRÈS mal à l'aise.

Cédric, lui, profite de la soirée pour faire une petite sieste.

Enfin...

Il s'endort en arrivant et continue sa « sieste » jusqu'au lendemain matin.

Sacrée sieste !

Au moins, il est nettement plus en forme au réveil. Et tant mieux, parce que ce matin-là, le réveil sonne tôt.

Très tôt.

Nous avons décidé de partir à 6 h pour profiter au maximum de la fraîcheur matinale avant que le soleil recommence à essayer de nous cuire.

Direction Douchanbé !

Il y a un monde de fou sur la route et il faut parfois jouer un peu des coudes pour avancer, mais on s'en sort plutôt bien et nous finissons par atteindre la capitale.


Et cette fois, on s'installe.

On reste quelques jours, alors on en profite pour étaler nos affaires, souffler et surtout se reposer.

Ça fait du bien quand même, parfois.

Le lendemain, petite journée culturelle avec la visite du Musée national.

On y découvre de belles œuvres d'art et les vestiges d'une nation dont l'identité a longtemps été effacée sous l'Union soviétique. On peut même y voir une immense statue d'un Bouddha couché.

Mais personnellement... mon coup de cœur se trouve au sous-sol.

C'est là qu'est installée toute une exposition consacrée à la faune locale. Sur trois salles, différentes scènes présentent des animaux emblématiques du pays empaillés dans leur environnement.

Sur le papier, très bonne idée.

Dans les faits...

Écoutez, je ne suis certes pas une professionnelle de la taxidermie.
Mais soit le taxidermiste était bourré, soit il était à demi aveugle.

Parce que presque TOUS les animaux exposés affichent une tête de benêt coincé ou une expression absolument douteuse.

Impossible de rester sérieux.

Fou rire assuré.

Après cette importante découverte culturelle, juste le temps de boire quelque chose et il faut déjà passer à la mission suivante : changer les pneus de ma moto.

La partie très off-road du voyage commence gentiment à être derrière nous, alors il est temps de remplacer mes pneus par quelque chose d'un peu plus adapté à de la route traditionnelle.

Et pour ça, je confie ma bécane à Aziz, qui me règle ça rapido dans son garage.


Grande classe !

Pendant qu'il travaille, nous faisons la connaissance de Svetlana, une Russe très sympa qui voyage énormément à moto.

On discute de ses différents périples et elle nous raconte tranquillement qu'elle a déjà visité...

La Corée du Nord.

Ha.

Et qu'elle se dirige actuellement vers...

L'Afghanistan.

HA.

Il semblerait que ce soit un peu moins flippant que ce qu'on s'imagine. Ou c'est ce qu'elle veut nous faire croire en tout cas.

Mais quand même... Elle est sacrément courageuse !

Le lendemain, nous sortons un peu de Douchanbé pour aller visiter la forteresse d'Hissor.


L'endroit est plutôt joli, même si, lorsqu'on y regarde d'un peu plus près, on se rend compte qu'une grande partie a été reconstruite directement par-dessus les ruines. Personnellement, je trouve ça un peu dommage.

Mais la sortie est chouette et, surtout...

Regardez-moi cette petite porte trop mimi !


Moi, je suis comblée :).

On profite ensuite du reste de notre passage à Douchanbé pour déambuler un peu dans la ville, se reposer et remettre tranquillement nos affaires en ordre.

Parce qu'après cette petite pause citadine... Il va être temps de reprendre la route !

Allez, c'est tout pour cette fois !

Becs à la famille, aux amis, aux collègues... et à tout vite ! :)

Sybile

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