9ème jour - 07 août 2026 - Le Col Tossor 3893m

Déjeuner à 07h, ça prévient d'une longue journée.

Nous avion passé le col Tossor en 2015 ave Cédric, c'est un souvenir inoubliable. La piste est très exigeante physiquement et techniquement. L'ayant traversé du Nord au Sud, cela nous avait pris 2 jours, très fatiguant. Cette fois nous le faisons dans l'autre sens. Nous économiseront des forces et si les gués sont trop haut nous pourrons faire demi-tour plus facilement.

Le chargement de la moto de Sybile ne va pas fonctionner. Trop lourd, trop haut. Ca fait 3 jours que je lui dit de changer ça mais c'est toujours là. Là Tossor, pour la suite les routes défoncées: Jangy-Talap - Kazarman, 150km; Kazarman - Djalalabad par l'ancienne route 100km, Col de Mels 88km. Et on a pas commencé le Tadjikistan. C'est clair ces bagages avec le poids de son matériel, C'est déjà parti en sucette, on a bricoler le truc, ça va pas tenir. Et elle ne m'apporte pas de solution.

Au déjeuner je lui dit de poser à la Guest-House son matériel non indispensable, les outils,... tout ce qui est lourd. L'idée est bonne, le patron est d'accord. Et Cédric réfléchi et si on revient là, autant louer une chambre pour une nuit et on laisse tous ce qui n'est pas indispensable. Le col est assez difficile comme ça pour pas s'encombrer de superflus.

Nous sortons de Naryn, direction plein Est durant 40km. De là la piste traverse un pont et remonte dans en direction des gorges hautes de la rivière. Nous traversons un petit village, puis un hameau à la sortie des gorges.

C'est ici que les choses sérieuses commencent. La piste suit la rivière à flanc de montagne tantôt rive droite, tantôt rive-gauche, en traversant des ponts en bois. Les flancs des montagnes sont couverts de sapins jusque assez haut en altitude. La piste monte, descend, c'est assez raide. Elle se fraye un chemin entre les rochers, passe d'une rive à l'autre de la rivière. Très caillouteuse et accidentée la relative basse altitude laisse passé la difficulté comme acceptable. Mais ces 35 km accumulent déjà la fatigue physique.









Vers 2500 mètres, nous sortons des gorges et arrivons sur le plateau. Il montera comme cela entre des sommets à 4000 ou 5000m jusqu'au col. Il n'y a plus aucun arbre, que de l'herbe. Nous aurons jusqu'au bas du col proprement dit encore 70 km de piste peu pentue. 




Sur ce plateau, trois gués principaux gardent l'accès du col. Les autres sont faciles à passer, peu profond avec peut de débit, les cailloux sont de petite taille. Lestrois torrent descendant des glaciers et charrient avec leur fort courant de gros boulets de pierre. L'eau monte au-dessus du genou.

Arrivé au premier gué à 3007m d'altitude on fait une pause et évaluons la situation. Je traverse pour voir la suite et trouver un passage. De retour, je dis à Cédric :

" Je suis pas sûr de vouloir me re-foutre dans c'merdier...". 

Nous continuons à tourner et chercher un meilleur passage, moins dangereux.

Cédric :"On va faire passer ma moto en premier, maintenant qu'on est là j'ai pas envie de faire demi-tour."

Tchumi me dit: "J'ai peur, je vais pas passer, je vais faire demi-tour!"

Moi: "Sybile, Qu'est-ce que tu pense?"  

Sybile :-" Ben j'en sais rien, c'est vous les expert!"

Cédric: " J'ai enlevé les bagages, on y va alors?"



Bien,... la première partie est peu profonde, on peut amener la moto au 2/3 de la rivière sans trop problème. Mais après ça se complique. Le fort courant, les grosses pierre et la profondeur combinés, ça va être coton. Nous avons choisi une trace qui descend en biais dans le courant comme ça on aura pas la force du courant complètement en latéral, 

Nous passons 1 moto à la fois, un dessus et trois autres de côtés pour la récupérer. La moto trouve difficilement son chemin entre les boulets de pierre, glisse, s'incline de gauche de droite. Celui qui est sur la moto n'a souvent plus à poser un pied  dans la rivière, car entre deux pierres.


Bref, je passe tous les détails, mais nous passons ce gué et 45 minute une heure. Après plusieurs km nous arrivons le deuxième gué d'importance, Moins large, les difficultés restent les mêmes: courant profondeur et la grosseur pierres. Tchumi n'est toujours pas rassuré, la difficulté et le risque sont là.

100m plus loin le dernier gué nous attend. C'est celui dans lequel je me suis couché en 2015 avec la moto. L'érosion ayant fait son travail, la rampe d'accès de l'ancien pont à été rongée et la rivière s'est élargie. Du coup c'est moins profond. Nous laissons les bagages sur la moto et passons un moto à la fois comme auparavant.











Nous sommes à 3200 mètres d'altitude maintenant et faisons une pause. Il nous reste 30 km jusqu'au col on avait prévenu, c'est couillus.  et la suite n'est pas tendre. Après cela il y a la descente de 32km jusqu'au lac, elle est longue et le début de la descente est dans un pierrier, c'est accidenté et raide. Tchumi a vu une photo sur internet avec des bulldozers, il est persuadé que le col a été entretenu. Je sais pas comment ils auraient monter des bulldozers là haut, Mais bon sait-on jamais.









Nous continuons notre progression L'avance est bonne et les effets de l'altitude se font sentir. La fatigue aussi. Un rivière traverse la piste qui monte raide, donc l'eau emprunte la piste, creusant les ornières. Cédric tape sur un gros Cailllou et tombe, la moto est à l'envers. Nous devons enlever les bagages pour l relever. Nous repartons. Même pas 200m après, Sybile perd un valise qui roule et dévale en bas du talus. On est à 3650m, Quand même un peu de fatigue physique,... et sa valise de m... qui se pète la gueule ici... J'en peut plus de ces Lone Rider... 3 pistes, 3 problèmes. Bon... trop bon, je descends chercher sa valise, ça me fera un peu d'exercice, parce que toujours assis sur la moto...

Nous refixons la valise avec une sangle. et repartons. Ca nous à prix bien un quart d'heure, Tchumi et Cédric partis devant doivent s'inquiéter. Je dis à Sybile de rouler 3 km et de retendre la sangle, et rouler 3 km et de retendre la sangle. Ceci jusqu'à ce que les sangles soient complètement tendues. Elle ne comprend pas, je redis, tu roules 3km et tu retends, 3km et tu retends.

Finalement nous arrivons au sommet du col. Nous faisons uns pause.

Là faudrait contrôler la tension de la sangle qui tient la valise,... Conseil du Grand Sage Yack.










Nous redescendons, la piste est accidentée, ce col est très minéral, les suspensions ramassent tout est secoué comme il faut. C'est un tracé très exigeant pour les hommes comme pour les machines. Au niveau pilotage de la moto, Sybile à vachement bien assuré, elle a bien maîtrisé tout au long, même avec la fatigue. Elle a épater tout le monde.



Tchumi est épuisé, la longueur du parcours, la difficulté et surtout l'altitude qui l'a scié. Il faut dire que l'on est parti de 2000m pour monter à 3893m et redescendre à 1700m. C'est assez éprouvant pour l'organisme.

Cédric et moi sommes fatigués et content d'arriver en bas. Même si le parcours était connu dans l'autre sens, Tossor reste un gros morceau. La concentration au passage des gués, l'aide et les conseils aux deux nouveaux,... ça nous a pris de l'énergie.

Nous voilà sur la route qui mène à Tossor, le village. Ils sont en train de construire une semi-autoroute sur la rive Sud du Lac Yssik Kul. Région très prisée par le Kirghizes pour les vacances, le bord du lac est recouvert de complexes hoteliers qui vont du Resort au village yourtes en passant par les auberges, et les bungalows. Mais personne ne veut quatre pouilleux poussiéreux sur leur motos pour juste une nuit. C'est les vacances, le début du week-end, donc difficile de trouver une chambre.

Nous avions pris les tentes pour au cas oû dormir en haut du col. Mais là j'en ai marre, je vais pas planter une tente. On roule. Sur la semi-autoroute, entre nouvelle route, ancienne route toute défoncés et les zones poussiéreuses de travaux.

Finalement nous trouvons à 20km de là une auberge qui a une chambre-dortoir pour quatre. Nous allons au magasin chercher à manger. Bières, chips, pain kirghize, ... très équilibré.

Et cette nuit là, on à bien dormi !


Au plaisir


Lionel



Commentaires