Récit du voyage autrement - n°2

Salut tout le monde !

Me revoilà pour la suite des aventures ! Et si je vous avais laissés la dernière fois sur une petite baignade dans la rivière et un après-midi en toute simplicité, la météo avait visiblement décidé qu'on avait assez profité.

Le lendemain, alors que nous étions sur le point de partir, il s'est mis à pleuvoir. Mais pas une petite pluie tranquille, non. Une rincée propre en ordre. On a donc attendu sagement que ça se calme avant de reprendre la route, mais le mal était fait : notre belle piste de terre fine s'était transformée en une magnifique étendue de boue grasse et glissante.

Il fallait quand même avancer, alors on s'y est attaqués. Tranquillement. Très tranquillement. Même à -1 km/h, c'était une galère sans nom et, malgré toutes nos précautions, on a tous fini par terre. Certains plusieurs fois. Certains beaucoup de fois. (Moi.)

À certains endroits, impossible de passer seuls. On avançait une moto après l'autre et tout le monde mettait la main à la pâte pour réussir à franchir quelques mètres supplémentaires. Après le départ magnifique que nous avions vécu jusque-là, je dois avouer que le contraste était rude. Moralement comme physiquement, cette première partie de journée nous a bien secoués. Mais avec le recul, elle nous aura aussi forcés à apprendre très vite à nous entraider et à fonctionner ensemble quand ça devient compliqué.



Heureusement, la pluie a fini par s'arrêter et le soleil a fait son retour. Le sol a séché étonnamment vite et, même si les conditions étaient loin d'être parfaites, nous avons enfin pu retrouver un rythme un peu plus décent.

C'était évidemment le moment idéal pour que j'aie une brillante idée.

Vous saviez que les Tenere avaient un mode avion ? Si si, je vous assure. Et je le déconseille. Elles atterrissent mal.

Un joli vol plané par contre. Heureusement plus de peur que de mal pour moi ! La moto, en revanche, avait décidé d'aller se planter dans un trou et il a fallu réfléchir à comment l'en sortir. C'était sans compter sur une famille kirghize qui passait justement par là. Le patriarche est venu nous prêter main-forte et a tout simplement soulevé une bonne partie de la bécane à la force de ses bras pour nous aider à la sortir de là.

Ils sont fous, ces Kirghizes !

Mais j'étais bien reconnaissante, je dois l'avouer.



Nous avons donc repris la piste... et évidemment, la pluie aussi. Après encore quelques kilomètres, nous avons ENFIN retrouvé la route et rejoint la « ville ». J'étais absolument lessivée, mais pas question de s'écrouler tout de suite : il fallait réparer ce qui avait cassé pour pouvoir repartir le lendemain.

Et heureusement que Lionel était là. J'avais beau me creuser la tête, toutes mes solutions semblaient réussir l'exploit d'être pires que le problème de départ. Mais après quelques bricolages, beaucoup de réflexion et avoir longuement insulté Lone Rider, nous avons réussi à remettre suffisamment de choses en état pour continuer.

Le lendemain, nous avons donc décidé de faire un peu plus tranquille et de suivre la route traversant les gorges de la Naryn. Et quelle route ! Les paysages étaient magnifiques, même s'il valait mieux éviter de trop longtemps les regarder. Entre les trous monstrueux au milieu de la chaussée et les endroits où la route avait tout bonnement décidé de disparaître sous un éboulement, il s'agissait de garder les yeux devant soi.



Puis, le jour suivant, départ pour le col du perroquet et le lac Son Köl.

Et franchement... bah c'était incroyable.





Les images parlent d'elles-mêmes. Et pourtant même elles ne rendent pas justice à l'endroit. Les pistes étaient trop chouettes à rouler, le lac était grandiose, les paysages complètement dingues et les gens toujours aussi drôles et gentils. Non franchement, c'est pour des journées comme ça qu'on part en voyage.

Et puis est arrivé... LE grand jour.

Celui qu'on attendait depuis le début de l'organisation de ce voyage : le passage du col de Tossor.

Pendant un moment, nous avions bien cru que la météo allait nous empêcher d'y aller. Mais les prévisions avaient fini par s'améliorer et nous avions le feu vert !

De mon côté, j'étais une nouvelle fois pleine d'appréhension. Nous savions que le parcours serait difficile et, surtout, il y avait les passages de gués. Une nouveauté totale pour moi. Mais je m'étais levée du bon pied et avais décidé qu'on verrait bien une fois devant.

La piste pour rejoindre le premier gué était déjà un peu technique, mais juste ce qu'il fallait pour se mettre en jambes. Et entre ça et les paysages qui défilaient, j'avais presque réussi à oublier mes inquiétudes du matin.

Puis on y est arrivés.

Le premier gué.



Et étonnamment, tout est allé très vite. Tchumi était inquiet, Lionel faisait du repérage et, quelques minutes plus tard, je me retrouvais avec de l'eau presque jusque sous les genoux, à tenir fermement la moto de Cédric. En deux temps trois mouvements, beaucoup de transpiration et le souffle court, tout le monde était passé.

Comme quoi, parfois, appliquer la technique du « fuck it » a du bon.

Mais rien n'était encore joué. Les deux gués suivants étaient heureusement de difficulté décroissante, tandis que le chemin, lui, devenait de plus en plus escarpé et que l'altitude commençait gentiment à se faire sentir.



Une fois tous les gués derrière nous, il restait encore à atteindre le sommet. Et parce que ça aurait été beaucoup trop simple autrement, nous avons eu droit à la chute de la moto de Cédric ainsi qu'à ma valise gauche qui a décidé, sans demander l'avis de personne, de se décrocher et de dévaler la pente à toute vitesse.

Quel enfer.

Mais nous avons fini par l'atteindre, ce fameux sommet ! Après une pause plus que méritée et le temps d'apprécier un peu où nous étions arrivés, il restait néanmoins un léger détail : redescendre.

Et quelle descente !

Le chemin était bien technique, la fatigue commençait sérieusement à se faire sentir et, comme si ça ne suffisait pas, nous nous sommes retrouvés à faire la course avec trois petites Lada sorties de nulle part. (Oui oui, sur un chemin de montagne à 3'800 mètres d'altitude).

Le panorama était époustouflant, mais nous étions bien contents de retrouver peu à peu des terrains plus accueillants.



Il ne nous restait alors plus qu'une toute petite formalité après cette journée déjà bien remplie : trouver un hôtel.

Évidemment, nous avons galéré comme jamais.

Autant dire qu'on l'a méritée, notre bonne nuit de sommeil ce jour-là !

Allez, c'est tout pour cette fois !

Becs à la famille, aux amis, aux collègues... et à tout vite ! :)

Sybile

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