16 ème jour – 14 août 2026 - Entrée au Tadjikistan

Ca fait trois jours que je dis que je roule trop vite et qu'il faut passer à gauche du cailloux. Mais bon... Personne ne m'écoutes

Ce matin nous déjeunons et préparons nos motos. La température s'élève un peu, mais il y a un vent frais. Je ne sais pas si c'est l'altitude, mais je n'ai pas chaud, mais il ne fait pas vraiment froid, même en roulant.

Après la sortie du village, nous parcourons quelques kilomètres avant de bifurquer sur la frontière tadjique plein Sud. Nous n'irons pas au Pic Lenin, trop de route pour voir un 7000m dans les nuages.





Selon le plan discuté les jours précédents, Cédric et Tchumi devraient suivre la Pamir Highway à la descente, pendant que Sybile et moi bifurquerons sur le haut plateau de Karakul pour descendre la vallée de la Bartang. De là nous rejoindrons Rushan en suivant cette rivière que traverse une région reculée du Tadjikistan. Beau programme, mais nous ne connaissons pas encore le Tadjikistan.


Donc tout joyeux, nous poursuivons une route bétonnée qui monte lentement depuis Sary-Tach à 3200m dans la montagne. 


Le poste frontière Kirghize est fermé par un barrière avec un garde-frontière. Lorsque l'on se présente devant le portail, il sort ouvre et demande :

  1. de présenter les passeports,

  2. si nous transportons des jéricans contenant de l'essence ?

  3. Est-ce que l'on transporte des drones ?


Après cela il nous envoie à la place de contrôle ou un second garde-frontière nous demande de préparer les passeports et certificats d'immatriculation. Il jette un oeil rapidement dans nos valises et repose les questions quant aux jerricans et aux drones. Le douanier vient récupérer les documents de prise en note des motos. Nous passons à la migration et repartons, cela nous à pris 20 minutes environ. 

Nous voilà dans une zone tampon entre les deux pays, la piste est assez bien entretenue au début, puis se dégrade rapidement. La piste est coupée à un ou deux endroits par des ruisseaux des glaciers au dessus, des gués pas trop profonds. Après 25 km nous arrivons à un check-point Kirghize, juste avant la frontière avec le Tadjikistan. Dernier des tampons de sortie dans les passeports par le garde, sous la surveillance de son binôme avec sa Kalach. Nous sommes à 4200m.

C'est parti pour le col de Kyzyl-Art, l’ascension est raide sur une piste en épingles de terre, content qu'il ne pleuve pas, ça doit être glissant par temps de pluie. Ca y est nous y sommes, Kyzyl-Art 4285m une statue de bouquetin nous accueil au sommet. La descente est courte, environ 2 kilomètre avant le poste frontière Tadjique. La barrière est fermée, quatre ou cinq voitures attendent devant. Un groupe de 10-12 motards, deux bus et 6 4x4 sont en procédure pour la sortie du pays. Une chose à la fois.







L'attente est longue, enfin c'est aux entrées de passer. Les véhicules dans un côté, les passagers de l'autre.

Puis c'est à nous, la barrière s'ouvre, je dis on est 4 motos. Les agents très courtois nous font entrer, « bienvenue au Tadjikistan ! », contrôlent d'un coup d'oeil les valises quand je les ouvrent pour prendre les documents. De quel pays venez-vous ? D'ou arrivez-vous ? On discute : Nous sommes gardes-frontières aussi en Suisse... et c'est parti, très sympas. 

Nous passons à la migration, puis ils nous envoient à la douane et au contrôle de l'autorisation GBAO. C'est dans le même bâtiment. Je rentre il y a une flèche, je la suis et me retrouve au fond d'un couloir tout noir. Je ressort, « on va attendre là, ils vont venir nous chercher ». Un chauffeur arrive, il rentre, je le suis. Il attend devant une porte, et quelques instant après que mes yeux se soient habitués à l'obscurité, je vois une autre flèche sur la porte. Donc c'est là. Nous patientons encore 20 ou 30 minutes avant que cela soit notre tour. La prise en note des motos est faite, pour 1.- CHF. Nous ressortons. Tout content, c'est fini nous enfourchons nos motos prêts à poursuivre le voyage. La barrière s'ouvre, départ. 50 mètre plus bas une autre barrière fermée. Mais c'est pas possible. Là un type dans une cabane nous fait un papier d'autorisation de je ne sais quoi que nous devrons redonner à la sortie du pays, pour 5.- CHF.

Après 2 heures, nous pouvons enfin partir nous traversons des hauts plateaux à l'ambiance lunaire.





L'altitude, l'attente, l'attention nécessaire sur ces routes, je suis saoul et fatigué. Le soleil est brûlant, mais l'air est assez frais, il fait entre 10 et 19C° selon les altitudes et le vent qui n'a pas arrêté de souffler. Nous pensons à tout ces types en vélo qui pédalent conte le vent à des altitudes pas possibles sur des pistes pas possbles. Eux aussi il cassent leur matériel : dérailleurs, cadres du vélo,...

La piste es assez bien entretenue sur sa première partie, elle longe la frontière chinoise sur quelques centaines de kilomètres.


Après c'est de la tôle ondulée avec beaucoup de cailloux. Là je roule à la vitesse qui va bien dans ces bosses, les kilomètres défilent, le rythme s'adapte en fonction de l'état de la piste. Et alors que tout allait pas trop mal dans ces bosses, je vois au loin un amoncellement de graviers en sortie des tôles ondulée, rien de bien effrayant. Mais bon ralentir dans les condition impliquent de grosses secousses pour moi et la moto. Déjà que ma fourche fait des siennes depuis 3 jours... je garde les gaz. Le tas de gravier se rapproche,... Et j'aperçois devant les graviers, un gros cailloux dépassant de la piste. Un coup de guidon, un coup de genou pour passer à gauche du cailloux, mais trop tard. Ca tape vilain, ça fait un sale bruit, mais bon c'est pas le premier.


20 km plus loin, Nous arrivons près du lac de Karakul, c'est un lac salé, toutes les rivières alentour l'alimente, mais aucune rivière ne s'écoule du lac. Et là j'ai le voyant de la pression des pneus qui clignote au rouge. Je rattrape le groupe, on fait le point au village où l'on aurait du se séparer. Je check mon pneu, rien, je regarde la jante ; elle est pliée. Pas beaucoup, mais juste assez pour ne pas pouvoir regonfler le pneu. Le débit du compresseur à 4000m ne suffi pas à compléter la perte.


On cherche une auberge sur place et un mécano. Un gars m'envoie chez un master. Un vieux qui avec une pince de plombier en prenant appui sur le pneu essaye de redresser la jante... il l'a surtout rayée, mais ou point ou elle en est ça ne change pas grand chose.


Sybile et Cédric vont vers un 4x4 parqué plus loin demandé si il peut nous aider. C'est le 4x4 d'assistance d'un groupe de motards Italiens qui font le tour du Pamir. Dans le groupe il y a un mécano moto qui a l'habitude de ce genre de raid. En 30 minute, c'est réparé avec une chambre à air.

Chambre à air que j'avait dit à Tchumi de ne pas prendre parce qu'on en a jamais eu besoin...





Pendant ce temps Tchumi à regardé avec la patronne de l'auberge ou résidaient les Italiens. Elle nous met 4 lits par-terre dans la salle à manger après le souper.





J'ai bien dormi !



Au plaisir


Lionel

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