Descente le long de la rivière Panj de Bibi-Fatima jusqu'à Korogh, 190km. Est-ce que c'est une trop longue étape ? Après plusieurs jours entre 60 et 120 km, je me pose la question est-ce que 190 km ce n'est pas trop ?
Les efforts faits à 3000 ou 4500m, faussent mon appréciation. Rouler sur de pistes pas faciles, bouger cette moto, rester concentrer,... semblait assez facile. Mais nos étapes se réduisaient d'elles même. Après réflexion l'altitude entravait de manière significative nos capacités. Plus de fatigue le soir, des kilomètres qui parfois semblaient longs et épuisants. A certains moments, des actions ou des réflexions étaient quand même à côté de la plaque. Tu dit Tar pour Bar, t'appuie sur le mauvais bouton 3 fois de suite,... plein de petites choses qui mises bout à bout me font comprendre que l'altitude est un facteur importan pour déterminer la longueur des étapes.
Journée pas facile du tout. Quand tu demande à un local quel est l'état de la piste, la réponse est invariable : « Нормальный !! » : Normale !
Oui, mais c'est subjectif. Et Quand c'est « Normal », faut généralement prévoir un peu de temps en rab ; 2 ou 3 fois ce que tu avais prévu. « Normal ! ».
Des paysages de montagne extraordinaires, au carrefour des mondes... Et une question qui revient en boucle, Mais qu'est-ce que je fout là ! C'est l'endroit le plus improbable sur terre ou venir et tu y es ! Il y a Cédric, Sybile et Tchumi avec toi,... Et on boit une bière face à l'Afghanistan, mais pourquoi ?, Le pamir, la frontière de l’Afghanistan, la région est isolée au possible, les routes dans un état tel que personne ne devrait vouloir venir ici, des conditions de vie rudes. A deux pas de la Chine, au carrefour des mondes...
Ca ne veut rien dire. Cela n'a ni queue ni tête. C'est improbable.
La rivière très calme hier, se transforme en torrent selon les endroits, le débit et le courant sont important.
Voilà des jours que nous croisons ces gens qui habitent le long de cette route, des gens pauvres, modestes, agriculteurs pour la plupart. Les enfants au bord des routes qui nous saluent, qui viennent au milieu de la route pour nous checker, les mères qui hurlent pour qu'ils restent au bord de la route.
Sur la partie supérieure du cours du Panj assez fertile, les parents sont souvent au champ, récoltant à la faucille les céréales, à la faux le foin, rarement aidés d'un vieux tracteur soviétique.
Eux au champ, ils te regardent passer, te salue d'un mouvement de tête ou de la main, leurs enfants de 3, 4 , 5 ans pour les plus jeunes attendent sur le bord de la route, ils te regardant passé avec des étoiles dans les yeux.
Mais que pensent ces gens, quels rêves ont ces enfants, qu'est-ce qui fait briller leur yeux. Que pensent-ils des ces cosmonautes sur leurs motos de l'espace ? Que viennent-ils faire ici, et pourquoi ? Rêvent-ils aux voyages eux aussi ? Qui sont ces étrangers venus de l'autre bout du monde jusqu'ici pour passer, simplement et peut être ne jamais revenir ? Quels sont leurs motivation ?
Que peuvent penser ces gens de nous lorsque eux certainement ne quitterons jamais leur vallée natale ?
Au plaisir
Lionel
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